La Véritable Histoire du Père Noël


Il était une fois, Dans la ville de Myra, en Turquie du sud, un homme bon qui avait trois filles à marier.

Elles étaient charmantes ! gentilles, douces ! MAIS ! MAIS !

Soleyman, , car c’était son nom, ne pouvait les marier car il était bien trop pauvre pour donner à chacune une dote !

Il avait mis, ainsi que le veut la coutume, trois bouteilles sur son toit, afin d’indiquer à d’éventuels prétendants qu’il se trouvait dans cette maison trois jeunes filles en âge de prendre époux.

Une longue bouteille haute et fine pour Gülbar, l’aînée, longue et fine, et deux autres bouteilles, plus rondes, correspondant au physique de Mariam et Fétéyié.

Mais les galants ne se pressaient point chez Soleyman, car tous savaient qu’il était pauvre.

Soleyman désespérait de voir ses filles chéries établies. Se sentant vieillir, il se lamentait souvent tandis qu’il disputait la traditionnelle partie de Dé chez Mashallah, son ami.

Lorsqu’il allait au marché vendre ses fruits, il demandait à chacun des conseils pour trouver des gendres, honnêtes, qui auraient pris soin des trois demoiselles, mais… Le temps passait, et Gülbar, la plus âgée, pleurait souvent en nouant les fils de laine, assise devant son métier à tapis.

Pourtant, un matin, quelle ne fut pas la surprise du vieil homme ! Là, sur le seuil de sa maison : TROIS BOURSES DE CUIR DE CHËVRE EMPLIES DE PIECES D'OR ! Magique ! Merveilleux ! Soleyman ne savait que dire ! Il se précipita dans la maison en appelant ses filles, leur montrant les trois bourses emplies de pièces d’or, et riant, pleurant, tout à la fois, les filles et leur père se réjouirent et se complimentèrent ! Seul Allah ! Qui est grand, avait pu permettre une telle chose ! Il se précipita donc immédiatement à la mosquée des le premier appel du muezzin !

Il alla dans toute la ville exprimant sa joie ! serrant sur son cœur son vieil ami Mashallah, et racontant le prodige qui s’était produit durant la nuit.

Les jeunes galants virent alors, en jouant du luth, pour demander la main des jeunes demoiselles, et toutes les trois eurent un somptueux mariage, dont les fêtes durèrent trois jours pleins.

Cette histoire avait fait grand bruit, et chacun de se dire que Soleyman, heureux homme, allait pouvoir s’éteindre dans la paix d’Allah.

Les jours passèrent, Gülbar, Maryam et Fétiyé vivaient heureuse, chacune dans une belle maison, face à la mer, qui est si bleue à cette endroit que Poseïdon lui-même en avait fait sa baignoire personnelle. Elles se retrouvaient au hamman, chaque Mardi, et disait leur bonheur à toutes les autres femmes.

Un jour, une vieille femme de la ville perdit la vue, elle vivait seule depuis la mort de son époux, et ses trois fils vivant en Anatolie ne pouvaient la prendre chez eux. Hannah, c’était son nom, devait donc se débrouiller seule, marchant dans les rues une main sur les murs, arpentant les souks guidée par le bruit des marchands appelant le chaland.

Le fils aîné d’Hannah vint pourtant la chercher afin de prendre soin d’elle, selon l’usage, et Hannah se tordait les mains de douleur, car elle savait qu’elle ne serait pas heureuse, si loin des odeurs maritimes, si loin de ses vieilles amies… Mais, comment faire lorsqu’on est aveugle et que l’argent vient à manquer puisqu’elle ne pouvait plus fabriquer ses tapis !

Hannah fit sont baluchon le soir, afin de ne pas retarder son fils, qui avait à faire, et pleurait, pleurait…

Elle finit par s’endormir de fatigue sur son maigre bagage, épuisée et le cœur brisé.

Au matin, elle trouva au seuil de sa porte sept magnifiques tapis ! Exactement les mêmes qu’elle nouait et tissait lorsqu’elle voyait encore ! Elle avait si souvent touché son ouvrage, qu’elle reconnut son travail juste en les touchant du bout des doigts !

Elle remercia Allah, qui est grand, laissa son fils aîné, soulagé, repartir, et partit, presque légère, vers le souk. Tous ces tapis furent vendus ! Et un bon prix !

Elle retrouva le lendemain encore 7 tapis, de la même facture, qu’elle vendit sans difficulté, et la même chose arriva le surlendemain, et les jours suivants, et Hannah pu vivre dans sa maison bien aimée avec une servante, écoutant le bruit des vagues sur les rochers.

Puis, ce fut un jeune couple, sans argent, qui trouva sur le seuil de sa porte un somptueux berceau pour leur enfant à naître…

Et les miracles se multipliaient au fil du temps…

Certains se mirent dans la tête de découvrir quel bon génie passait ainsi la nuit, pour déposer ces présents aux portes des pauvres gens, mais personne ne réussit à percer le secret.

Les années passèrent, les gens de Myra continuaient à louer Allah, qui est si grand, pour ses bienfaits matériels.

En haut de la colline, Vivait Nicolas, un homme que tout le monde respectait bien qu’il ne fut point croyant, mais qu’il s’était converti depuis sa jeunesse à cette religion qu’on appelle le christianisme. Nicolas était un homme riche, mais discret. Il ne faisait point état de sa croyance et chacun pouvait aller lui demander conseil sans qu’il ne fit de différence entre ceux qui priaient Allah, dont le nom est grand, ou Jésus, le prophète, moins grand que Mahomet, mais respecté.

Nicolas vivait simplement, avec juste un serviteur, et ne sortait jamais de sa maison, passant sa vie en dévotions. Aussi, ne le dérangeait on que très rarement.

Un hiver, plus rigoureux que les autres, une douce neige vint à tomber, et les présents cessèrent…

On attendit quelque temps, mais le prodige ne se renouvela pas.

S’en était fini des bourses de cuir de chèvre emplies d’or, des tapis chatoyants, des berceaux somptueux…

Les anciens du village se réunirent pour discuter de la chose, implorant Allah, dont le nom est grand, de venir en aide aux miséreux dont le nombre augmentait sans cesse.

On convint d’aller demander conseil à Nicolas, le saint homme, qui vivait seul, avec un serviteur dans sa maison sur la colline.

C’est le vieux Mehmet qui fut chargé de rendre visite au vieux patriarche.

Mehmet alla donc voir Nicolas, montant avec peine la rude pente, s’appuyant sur sa canne, s’arrêtant pour souffler… De temps à autres il s’asseyait sur le dos de son âne pour ne point fatiguer ses vieilles jambes, il dû plusieurs fois boire de l’eau aux fontaines, et ce n’est qu’au couchant qu’il arriva au but.

La maison était vide… La poussière qui recouvrait les coffres, le toit abîmé. Dans la maison, il n’y avait personne.

Mehmet passa la nuit sous les étoiles, près de l’olivier, attendant la venue du maître de maison ou de son serviteur. Il attendit toute la journée qui suivit, et s’apprêtait à repartir pour pouvoir se rendre à la mosquée à l’heure de la prière, lorsque le serviteur de Nicolas parut.

Mehmet lui pris les mains, heureux enfin de voir quelqu’un, mais le serviteur lui fit digne de le suivre.

Les deux hommes se rendirent à quelques pas de là, où Nicolas avait fait bâtir une petite chapelle.

Un sarcophage tout simple, était posé à même le sol,

Sur le coté, on pouvait y voir une croix gravée, ainsi qu’un nom : Nicolas.

Mehmet fut bouleversé, il redescendit aussi vite que possible, en oubliant son âne qui passait quelques chardons, et vient annoncer en pleurs la mort de Nicolas.

A Myra, tous comprirent que les prodiges passés étaient bien l’œuvre de Nicolas, et en souvenir de lui, Ceux qui priaient Allah, dont le nom est grand, ceux qui priait Jésus, le petit prophète, se rassemblèrent et construirent une basilique… Où on mena le corps du saint homme, respectueusement…

Ceux qui prient Allah, dont le nom est grand, l’appelèrent " Baba Nicolas "
Ceux qui priaient Jésus, le petit prophète, l’appelèrent " Saint Nicolas, "

L'âne vit toujours paisiblement dans la montagne; Il ne fait pas de crottes, mais des oranges à la place.

C’était à Myra, En Turquie, au VIème siècle… Je crois.
 
 
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l'auteur? Claire, docteur es-chute en baignoire, elle aime aussi marcher pieds nus dans le jardin...
 
ernclageo@infonie.fr