| L'enfant Parmi ce qui nous plaît, toute ma préférence Va vers tout ce qui touche aux choses de l'enfance: C'est le refuge infiniment hospitalier, L'oasis si secourable au chamelier Qui, du désert, ayant subi l'ardeur brûlante, Trouve enfin le repos apaisant sous la tente. Il en goûte le charme, et c'est l'essentiel. L'enfant, sur cette terre, est l'oasis du ciel: Qu'importe que le paradis soit sans mélange Si l'enfant, ici-bas, a l'attribut d'un ange; Son innocence le proclame sans détour, Comme le messager du céleste séjour. C'est lui qui fait l'oubli de toutes les misères De la vie, avec ses joies et ses chimères; Qui rend bien moins cruels les multiples combats Qu'il nous faut soutenir tous les jours ici-bas. Comme il sait captiver rien que par son sourire Et par sa douce voix qui ne saurait médire, Sa franchise a son parfum, comme les fleurs, En mêlant à la fois les rires et les pleurs. Sans l'enfant , la maison est un toit triste et vide, Où l'amour n'a connu qu'un peu de joie aride: C'est un parterre inculte où toute plante meurt, Des rayons du soleil n'ayant qu'une lueur. Enfin c'est l'avenir avec son assurance Et c'est aussi l'espoir qui s'affirme d'avance Espoir, qui vers la félicité, tend la main. Ce qu'on construit alors a de fortes assises: Et nos illusions moins vaines se précisent. L' impitoyable sort perd de son âpreté Parce que, de la vie, on sent le bon côté: Et l'enfant parmi nous, lorsque l'on est morose, Nous le fait entrevoir comme une apothéose. ::: l'auteur? Corentine. |