Alan 8.. .  .   .
 
Alan  -  8
l'auteur
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Je ne sais toujours pas qui était Champ, mais j'ai retrouvé Shannon, lui qui voulait mettre de la musique dans la machine de Turing! De la Musique ? Oui, de la musique!
 
Ce qui donne... en français dans le texte...
 

Claude Elwood SHANNON

Le spécialiste américain de mathématiques appliquées Claude Elwood Shannon, né à Gaylord (Michigan) le 30 Avril 1916, développa (1948) une théorie mathématique de la communication qui fut appelée par la suite THEORIE de l'INFORMATION. Il définit l'information... comme le degré de liberté que possède la source d'information lorsqu’elle choisit parmi plusieurs éléments d'un langage, afin de composer un message donné. Ces travaux, d'une importance fondamentale dans les problèmes de COMMUNICATION, ouvrirent de nouvelles voies de recherche aux mathématiques. Shannon reçu en 1940 son Doctorat à l’Institut de Technologie du Massachusetts ( M.I.T. ). Après avoir travaillé de 1941 à 1957 aux Laboratoires des Téléphones Bell, il devint en 1958 Professeur de Sciences au M.I.T.
 
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S’il est encore vivant, (il ne doit pas avoir encore 80 ans) peut-être est-il en train d'écouter, comme moi, sur son lecteur de CD-ROM, de la Musique, oui de la musique dans ce qu'il faut bien appeler une machine de Turing! Pas si fou Shannon, finalement, sans doute pas plus fou que Werner, Chambaud ou Alan... Oui, Werner avait raison : ces trois-là avaient l'air de bien se comprendre... en tout cas, bien mieux que je ne les comprends tous!
Un beau matin, comme si les thèmes multiples, abordés par Chambaud et Alan, n'étaient pas encore assez nombreux, ou insuffisamment variés, voilà que je trouve dans mon courrier une enveloppe postée de Miami. Tiens! le Capitaine me fait parvenir un article supplémentaire concernant Turing!
 

 
Science & Vie - N° 938 - Nov. 1995 Biomathématiques
 

  - LES RAYURES DU SCALAIRE
 
En 1952, le mathématicien Alan Turing énonçait une théorie de la croissance cellulaire. Celle-ci vient de trouver une confirmation expérimentale grâce aux rayures du scalaire, un poisson du Brésil au corps aplati et zébré de jaune et de noir. Les biologistes japonais Rihito Asai et Shigeru Kondo ont réussi, à l'aide d'un modèle informatique fondé sur cette théorie, à prévoir exactement l'évolution des rayures du scalaire au cours de sa croissance. Lorsqu'il mesure moins de 2cm, le scalaire ne possède que 3 rayures. Leur épaisseur et leur écartement augmentent proportionnellement jusqu'à ce que le poisson atteigne 4cm. A ce stade, chaque rayure se divise en 2, et les nouvelles rayures retrouvent la largeur et l'écartement initiaux. Et ainsi de suite tout au long de la croissance de l'animal. Si bien que, mis à part le nombre de rayures, le scalaire garde, tout au long de sa vie, son apparence de jeune premier.
 
J.-L.S.
 
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Jaune et noir... bien que je ne trouve là que 2 couleurs, il me semble amusant de faire "voisiner" cet article avec la lettre que Turing écrivit à Chambaud en 1934...
 
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7 - VOISINAGE EN 4 COULEURS
 
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24 Février 1934
 
L'interprétation purement - logique - des propositions mathématiques n'est qu'une des formes d'interprétation possibles. Il en existe beaucoup d’autres! Je me fais fort de pouvoir relier un jour le symbolique et le réel, l'abstrait et le concret. Il faudrait que je te construise une machine, ma machine! En attendant... qui d'autre que toi serait capable de me suivre sur des chemins aussi escarpés, aussi multiples ?
Nous devrions nous retrouver aux Etats-Unis : Einstein et Neumann y sont déjà, eux ! Hier encore, ceux qui fuyaient le nazisme s'arrêtaient chez nous. On dirait qu'aujourd'hui, à leurs yeux, l'Angleterre est devenue beaucoup trop proche de l’Allemagne! Problème de voisinage, et des 4 couleurs... tu connais ? Cela ne m'empêchera pas de retourner skier en Autriche  !!!  

 
Alan
 
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Si ma mémoire est bonne, le problème du voisinage des 4 couleurs... consiste à prouver qu’il suffit, en tout et pour tout, de 4 couleurs, et de 4 seulement, pour établir une carte de géographie politique quelconque, sur laquelle chaque pays possède une couleur différente de chacun de ses voisins. Au départ, cela paraît impossible... dès que l’on dépasse un certain nombre de pays. Pourtant, en y réfléchissant davantage, on finit par y parvenir. Je veux dire que l'on parvient toujours à colorier correctement n'importe quelle carte comportant n’importe quel nombre de pays, de cette façon... quand à parvenir à démontrer 'pourquoi' cela est possible... Alors là! C’est une autre paire de Manche, n’est-ce pas Alan ?
4 couleurs ? Le cahier de Chambaud, s’il commence bien par des triangles, semble soudain se consacrer au chiffre 4... évolution logique ou quadrature ? 4, comme nos 3 mousquetaires... ou 4 comme le nombre des saisons, 4 comme les coins cardinaux, ou les jolies cartes d’MC Solar: ‘Caro... tu es lasse du trèfle qui pique mon coeur’.
Rouge le coeur, rouge le cahier, rouge le sang. Chambaud s’est aventuré sur la classification des groupes sanguins. Eux aussi sont quatre : A, O, B et AB, pourtant Alice les représente en triangle. En haut: le A ( mais on sait qu’avec Alice il n’y a ni haut ni bas). En bas à gauche : le O ... puis le B à droite, et enfin au beau milieu de ce nième triangle, le sigle AB. Il n’y a là ni de signe ‘+’ ni de signe ‘-’ ... les rhésus restent à jamais ignorés. Par comparaison, disons plutôt par juxtaposition avec certains des premiers triangles, on parvient assez facilement à retrouver les correspondances suivantes :
 
  A= Harmonie    A= Aigle    A= St Jean
 
 O= Mélodie    O= Lion    O= St Marc   B= Rythme     B= Taureau    B= St Luc
 
AB= Complexe AB=Ange AB= St Mathieu
 
Ces 4 bestioles (pardon pour l’ange)... je me souviens bien les avoir déjà surprises ‘ensemble’, oui, ensemble, sculptées sur le même chapiteau d’une petite colonne moyenâgeuse. Elle se trouvait, isolée, comme mise à l’écart... dans le parc d’une abbaye du Lubéron, abbaye dont je ne retrouve plus le nom, mais dont je n’ai oublié ni le site superbe, ni les champs avenants de lavandes... si malignement alignées... si parfaitement parfumées... si violemment violacées.

L’aigle, le lion... flottent dans ma mémoire comme des emblèmes sur les étendards de l’Histoire. Affichés sur les drapeaux de tant de nations, ont-ils, n’ont-ils jamais eu un autre sens que la force, d’autre vocation que la guerre ? La tête de Maure des Corses est-elle encore un ange ?... et aussi, n’y y a-t-il jamais eu de pavillons arborant le taureau ? Cette énigme-là ne devrait pas être plus difficile à résoudre que celle du Sphinx. C’est vrai, tiens.... à propos , le sphinx, oui celui des pyramides... il a bien la tête d’un ange, et un corps de lion. Mais hélas, pour les ailes de l’aigle et les pattes du taureau, il faudra chercher ailleurs... chez ses petits frères, les sphinx assyriens. Là, au moins, il n’en manque pas une, on retrouve bien, chez eux, les 4 figures emblématiques dans la même statue, plusieurs millénaires avant notre colonne évangéliste du Lubéron! Quel message se trouve ainsi conservé par delà les siècles, quel en est le sens ? Et qu’est-ce que viennent faire les groupes sanguins là dedans ? Mystère .. le sphinx, lui... reste, plus que jamais, de circonstance.

En attendant, l’aigle et le lion prédominent largement dans la liste des emblèmes, qu’ils soient rouges ou dorés, nationaux ou pas. Et l’ange, l’ange souriant de Reims, ou l’ange exterminateur ?


 
L’ange... double pléonasme parmi les 4, la seule figure à visage humain ? Dans les drapeaux actuels, les représentations d’anges ou de guerriers n’apparaissent que rarement, bien qu’elles aient été fréquentes par le passé. Le développement des religions hébraïque et musulmane, par leur refus de tout figuratisme, pouvait expliquer en partie cette disparition, mais la fabrication industrielle certainement davantage. Une recherche bibliographique plus approfondie, m’a permis de retrouver le taureau sur le drapeau de l’Uruguay, et aussi sur celui de la République Malgache. Maigres trouvailles! Même si l’on y ajoute le buffle du Niger et... les 2 vaches de l’Andorre, ça ne fait pas un très gros cheptel. Ah j’oubliais ... (pardon Werner) j’ai failli oublier le fameux Taureau aux naseaux fumants, celui que Günther Prien fit peindre sur le kiosque de son U-47 au retour de son extravagante virée à Scapa Flow... Au fait , Werner...
 
Mince! Werner !!! Je ne l’ai toujours pas remercié pour l’article sur les scalaires (jaunes et noires) qu’il m’a envoyé de Floride... il y a presqu’un mois... il est sans doute déjà revenu ?
 
- ‘Allô... bonjour madame... je souhaiterais parler à Monsieur Werner’
 
-’ Vous êtes de sa famille ?’
 
-’Non, un ami...’
 
-’ Heu... c’est à dire, monsieur...’
 
-’ Peut-être n’est-il pas encore rentré de voyage ?’
 
-’Vous ne savez pas ?... heu... c’est à dire... Monsieur, Monsieur Werner est décédé l’année dernière, monsieur’
 
- ‘Le Capitaine Werner ? Décédé ? Comment ça ? ‘
 
-’ D’un infarctus, monsieur... en Octobre 95, monsieur.’
 
-’Vous parlez bien du Capitaine Werner ?’
 
-’ Oui monsieur, c’est ça monsieur, monsieur Werner, c’est bien ça, Herbert Werner, monsieur.’
 
-’L’année dernière ? Je ne comprends pas, il m’a écrit, enfin... je veux dire... c’est tout comme, il m’a posté un article de journal il y’a de cela à peine 3 semaines, j’ai l’enveloppe sous les yeux... le tampon ... 25 Décembre 1994, oui Noël dernier, exactement’
 
-’Je suis navrée, Monsieur... vous faîtes erreur. Nous sommes propriétaires, ici, depuis Novembre 94. Monsieur Werner est décédé... attendez... voilà... le 7 Juin 94. Vous devriez appeler, Maître Bossuet, Notaire à la Mothe-Fénelon, c’est par lui que nous sommes passés pour l’achat de cette maison.’
 
-’Merci Madame... excusez-moi’
 
Les dates... quelle horreur, les dates! Déjà tout p’tit j’avais la trouille des dates, à cause des interros écrites, c’est vrai (à l’oral, les profs se montraient moins pointilleux). Pourtant, les dates, c’est comme les citations, une façon de se situer, une façon de témoigner avec soumission, son savoir, son respect à l’autorité, un repère, une facilité militaire, une étape, le truc qui fait que l’on accepte en partie la hiérarchie, du moins l’ordre des choses... avant / après... tristesse. Et pourtant, 1515°! C’est pas rien 1515... Marignan-1515°! Ce cri de victoire a plus souvent jailli des salles de classe que des champs de bataille... à vous dégoûter à jamais de l’Histoire, celle qui ne se répète jamais, mais qui pourtant bégaye (comme disait... je ne sais plus qui). Alors forcément... l’élève... le p’tit... terrorisé par la note qui va lui tomber dessus comme le couperet de la guillotine... il se souvient d’avance de 1789... forcément! et puis aussi des trucs faciles du genre 7/7/7... mais non c’est pas un score extrait des annales de Roland Garros ni de Questions pour un Champion... mais non! 7/7/7... en clair le 7 Juillet 1807, la paix de Tilsitt, le premier Yalta : 5 colonnes à la une, demandez France-Soir, Paris-Presse, l’Intransigeant : ‘2 empereurs se partagent le Monde sur un radeau’ (oui, le monde de l’époque .. sur un radeau .... oui !) De quoi rester médusé, non ? Médusé, moi, je le suis... Werner est mort... Alan est mort, y’a longtemps... je sais... et Chambaud... ? Qui sait ? Mais... Ca y’est !!! Non, c’est pas vrai... faut que j’appelle le Notaire... comment elle a dit déjà, la nouvelle proprio du Panther blanc ? Maître Bossuet à Fénelon... J’ai soudain une irrésistible envie de rire!
 
-’Allô... Je suis bien à l’étude de Maître Bossuet... ? ‘
 
- ‘Oui - C’est à quel sujet ?’
 
- ‘Voilà, je possède une propriété voisine de celle de Monsieur Werner, la parcelle ‘chose’, oui la parcelle N° tant, près du hameau Machin, c’est celà, le village situé entre tel et tel bled de la commune trucmuche...’
-’ Oui... et vous désirez...?’
 
-’ Heu... je viens d’apprendre que la propriété voisine de la mienne, la parcelle N° tant, de la feuille N° tant du cadastre, qui appartenait à Monsieur Herbert Werner, a été vendue récemment par l’intermédiaire de Maître Bossuet...’
 
-’ Ne quittez pas...’ (silence long, 2... 5 ? 10 minutes... heureusement, pour l’interlude... Bossuet ne soustraite pas encore avec Vivaldi )... -’Oui... allô, c’est exact, la propriété de Mr Werner, décédé, a été cédée aux époux Machins.. etc... etc...’
 
- ‘Oui... décédé quand?’
 
-’Je ne sais pas, moi, quand cela a été décidé.’
 
-’Je disais décédé, pas décidé! Ecoutez... Monsieur Werner, il est décédé quand ? Je veux dire... connaissez-vous exactement la date de son décès ?’
 
- ’Monsieur Werner, Herbert de son prénom, est mort.. attendez, voilà, le 7 Juin 1995... dans sa 75ème année, sans laisser d’héritiers... c’est tout ce que nous savons’
 
-’Parfait !’
 
-’ Comment cela, parfait ?’
 
-’Pardon... excusez-moi... non, rien... merci !’
 
Alors elle, elle me tue, avec son : - ‘c’est tout ce que nous savons ’ Pfff !!! (comme si elle me répondait depuis Marseille !)... facile , je sais. En fait je ne sais rien, je n’y comprends rien, et ce n’est pas facile du tout... on se calme ... OK , J’vais me faire un café noir... et alors là, peut-être, ce sera parfait). Je suis triste... je l’aimais bien moi, le pitaine, sa casquette, son Panther blanc, ses vaches à lait, son Tire-cul la Gravière... même plus envie d’en boire maintenant, plus envie de rien... pourtant si : il me reste encore ce même besoin de savoir, cette envie irrépressible de comprendre, quelle soif !!!
 
Je ne connaissais personne susceptible de m’envoyer un papier sur Turing, personne d’autre qu’à Herbert Werner. Ce papier m’a été adressé alors qu’il était déjà mort-et-enterré. Ce papier a été déposé à la poste de Miami, Floride par un inconnu... à moins que le courrier ait eu du retard... beaucoup de retard, trop. Mais trop, c’est trop... Du coup, j’imagine que l’envoyeur ne peut-être que Chambaud, je ne vois que lui pour recoller ce puzzle. Je n’ose y croire. S’il est vivant, il va m’expliquer. Il le fera. Si c’est lui... alors il sait ce que je sais... de toute façon il sait! Forcément! Et si ce n’est lui...
 
Nous sommes aujourd’hui le 7 Juillet 1997... oui, encore un 7/7/7. RrrGling ! Jackpot ? J’attendrais, comme on attend toujours quelque chose de celui ou de celle qui, un jour... alors que l’on ne l’imaginait même pas, qu’on ne la (ou le) connaissait pas encore, alors que l’on n’attendait rien de personne, que l’on ne l’attendait plus... a eu cette étrange, cette si belle idée : celle de vous faire parvenir un message.


-19970707-
 
Daniel LEFEBVRE droits réservés, reproduction interdite


 
 
 

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l'auteur? Daniel Lefèbvre, écrivain, informaticien, grand amateur de pain et de chasse à la bêtise.
 
nietzsche@infonie.fr