| Derrière la vague... Dans le jour qui se lève aux pêcheurs de Saint-Cast, des coques enracinées aux vagues des marées attendent l'équinoxe pour rêver de départ, l'étrave dans le sable. Et le phare engourdi, assiégé par les terres, lance aux bumes mâtines ses échos de lumière. La senteur du brouillard perpétue dans leurs yeux La pâleur de la nuit et la peine des vieux, qui parlent de baleines, tout en crachant leur sel, sur le quai qui leur chante encore comme un appel. Ce viel air de beuglance plane et va s’amplifient, au " bar de la marine " pour un verre de vin blanc. Les hommes sont actifs sur les pontons humides ils bougent en pas précis, mâchant leur pipe vide. L'habit est délavé, l'image est habituelle, l'odeur du goémon est là aussi, fidèle, et tout se passe ainsi, comme on se l'imagine; la terre et l'océan, et le détail infime. Les ancres remontées, chargées de leur poids d'herbes, frappent le bois mouillé, fâchées qu'on les enferme Les voiles d'artimon, sentent le tendre froid du vent de haute mer, montent à l'assaut des mâts. Le voile de brouillard s'ouvre en s'effilochant. Les chalutiers s'en vont, survolés d'oiseaux blancs. Mais vous savez Monsieur, le palmier des marins, c'est une terre perdue, camouflée par l'oubli, balancée par une eau qui effraie les requins, peuplée et parcouru d'êtres anonymes qui, attendent et gesticulent au bout de la tempête, des hommes sans couleur, sans race et sans trompettes. Ces messagers curieux, sémaphores vivant, les guident un beau matin, quand ils y croient vraiment. Leurs vieilles goélettes, tremblantes de cordages caressent les tourmentes en cherchant le passage, vers le gouffre tranquille d'un paradis fictif, l'issue de l'étendue d'un bonheur exclusif. ::: l'auteur? Corentine. |