Il
a tout au fond des yeux les mêmes étoiles
Qu'ont les tout-petits aux beaux matins de Noël,
Au fond du cœur, la même innocence sans voile
De ceux qui ignorent combien la vie est cruelle.

Quarante ans, aux lèvres le sourire d'un enfant,
La tête bien trop grosse et comme trop lourde à porter,
De grosses mains maladroites, un pas hésitant,
Tout son corps semble si fatigant à déplacer.

On l'appelle handicapé mental, arriéré,
Tant d'autres noms que l'homme, cruel, sait inventer
Mais c'est juste qu'il a oublié de grandir,
Et que de son enfance, il ne veut pas sortir.

Regarde-le, passant, vers toi il tend la main,
Te dit bonjour, pensant reconnaître un ami.
Tu détournes les yeux, tu change de chemin.
L'enfant qui venait, confiant, n'a pas compris.
Passant, regarde-le, c'est ton fils, c'est ton frère,
Un sourire aurait mis dans ses yeux la lumière,
Ton refus a déposé au fond de son cœur
L'amère tristesse de qui ne comprend son malheur.

Toi la Maman, ne retient pas ton tout-petit,
Ne crains rien ! Il a bien compris que celui-ci
N'est rien d'autre qu'un innocent compagnon de jeux.
Surtout ne bouge pas, regarde-les, tous deux
Agenouillés, ensemble, au bord d'une flaque d'eau
Où flotte, jeté par mégarde, un papier bleu.
C'est pour eux la mer, l'océan et ses vaisseaux !
Ils voyagent, émerveillés, et ils sont si beaux !
Les enfants alentours si prompts aux moqueries
Ont même suspendu leurs cruelles railleries.

Il est tard et l'homme aux étoiles au fond des yeux
Retourne vers son quotidien, sa banalité.
Peut-être ce soir s'endormira-t-il heureux
Au souvenir confus d'un vaisseau échappé......

 
 

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l'auteur? Jacqlyn
 
jacqlynjura@aol.com