Une femme.
 
UNE FEMME.
- l'auteur -
UNE FEMME




Annie est une femme mûre, la quarantaine. Elle est dans la décennie de la ménopause et regrette amèrement d’avoir toujours contrôlé, inhibé ses envies, ses pulsions, elle les a toujours refusées.
Elle a eu des amants, des presque maris, quelques-uns uns, pas énormément, depuis qu’elle a débuté sa vie de femme.
Son premier, celui qui lui a donné ses premiers émois, était de 10 ans son aîné. Il a abusé de sa timidité de jeune fille, de son inexpérience des hommes, et a ainsi réussi à la convaincre que l’acte amoureux ne peut être que beau, saint, naturel, agréable et n’est en rien blâmable. Leur liaison a duré 2 semaines, merveilleuses, sauf que lui n’avait pas les sentiments qu’elle lisait dans les livres ou qu’elle voyait au cinéma.
De cette première expérience, elle en a conçu une grande méfiance vis à vis des hommes, ceux d’un soir et ceux avec lesquels elle aurait pu construire un bout de vie.

Physiquement, elle est d’une tristesse à faire débander un âne. Elle se cache sous un tas de jupes informes grise, beige, marron ou bleue marine. Elle a les cheveux grisonnants, ternes, peu coiffés. Elle ne se maquille pas. Ses yeux sont sertis d’une paire de lunettes marron. Elle ne s’épile pas sauf quant arrive le printemps pour ne pas devoir supporter les railleries des autres (hommes ou femmes.) Elle porte des culottes en coton, des soutiens-gorge moyenâgeux.

Sexuellement, elle ne provoque jamais. Elle le fait, par fatalité. Elle n’écoute pas ses envies. Elle réprime ses gémissements.

Elle est lamentablement raisonnable. Elle ne connaît rien de plus qu’une ou deux attitudes amoureuses. Elle n’a jamais éprouvé de jouissance. Aujourd’hui, elle est sèche, croûteuse : Déjà quelques années que son dernier amant s’est lassé.

Annie a 40 ans. Elle feuillète les 3 Suisses. Elle est triste, aigrie. La première fois qu’elle examine avec attention les pages " lingerie féminine. " Dentelle, soie, satin : tissus soyeux, chauds, brillants : Rouge, Noir, blanc.
•  Soutiens gorge à balconnet, pigeonnants, wonderbras.
•  Corsets, guêpières.
•  Strings, slips échancrés, taille basse.
•  Porte jarretelles, bas.
•  Nuisettes, très courtes, à demie transparentes.

Elle se moque d’elle, se trouve ridicule de s’imaginer portant tous ces dessous.

Et pourquoi pas elle ? Elle hésite, est prise d’un fou rire. Elle se lève, se rend dans sa chambre, se regarde dans son miroir. Elle se trouve vieille et laide, bien loin de ressembler à tous ces mannequins sur papier glacé. Elle se déshabille, elle ne sait plus à quoi ressemble son corps.

Elle ôte son chemisier, son soutien gorge. Ses seins ne tombent pas. Elle ne se rend pas compte s’ils sont beaux ou non. Sa peau est encore tendue, douce sous ses doigts.

Elle fait descendre sa jupe sur ses hanches, fait glisser son collant sur ses cuisses, ses mollets.

Elle se relève pour s’examiner de nouveau. Elle s’aperçoit que sa culotte qui malgré son peu d’échancrure n’emprisonne pas entièrement les poils de son pubis. Ses jambes ne sont pas épilées.
Elle l’ôte, se retourne, se contorsionne pour arriver à voir ses fesses. Elles ne sont pas molles, encore rondes. Ses cuisses ne sont pas comme elle l’a déjà vu chez certaines, le peu de fois où elle a osé se rendre à la plage, gangrenées par la cellulite.

Elle ne sait quoi penser de son corps. Elle ne s’est jamais demandé s’il était beau, s’il avait plu à ces quelques hommes qui l’ont touchée, embrassée, caressée. C’est la première fois qu’Annie se regarde ainsi.

Elle veut vivre !!!

Après de nombreuses tentatives plus ou moins heureuses, des moments de doute, d’hésitation, d’euphorie et miraculeusement de satisfaction Annie a réussit, elle le croit, à devenir séduisante. Lorsqu’elle entre dans n’importe quel magasin conçu pour la femme, les jolies petites vendeuses la voient enfin, la courtisent, lui proposent leurs plus saillants modèles, ne cessent de la féliciter de sa silhouette, son teint, sa coiffure et de son age en auraient presque des doutes.

Les hommes également ont l’air tout d’un coup de s’apercevoir qu’elle existe, pas tous, mais en nombre suffisant pour qu’elle puisse prendre confiance au fur et à mesure des semaines, pour que sur ses lèvres se dessine un sourire qu’elle ne s’était jamais connu.

A son travail, ses collègues hommes et femmes, qui ne lui parlaient guère, essaient de se rapprocher d’elle, la questionnent : les hommes sont plutôt attirés tout en restant discrets et les femmes un air jaloux de cette soudaine métamorphose et de ce qu’elle pourrait cacher.

Elle est consciente que depuis le début de son changement, elle est devenue le centre des commérages. Elle s’en moque, s’en amuse, s’en réjouit.

Annie n’a pas changé sa façon de vivre, elle se lève tous les matins à la même heure, elle déjeune toujours seule dans une brasserie éloignée de celles fréquentées par ses collègues. En sortant de son travail elle ne se rend plus immédiatement chez elle, elle préfère déambuler sans but dans les rues de Paris jusqu’à la tombée de la nuit, s’asseoir dans parc ou à la terrasse d’un bar et observer les passants et jouir de l’impression qu’elle est également observée.

Au cours d’une de ces promenades, elle aperçoit une ombre passer à côté d’elle en sens inverse. Cette ombre se retourne, elle le sait aussi bien que si elle pouvait la voir dans son dos. C’est le milieu de l’automne, le jour est en train de tomber. Elle entend une glissade, une sorte de gémissement, alors elle pivote sur elle-même, juste le temps d’apercevoir un homme faire tout son possible pour ne pas glisser sur les nombreuses feuilles mortes qui parsèment le sol. Ils sont à quelques mètres l’un de l’autre, se regardent un bref instant sans se voir distinctement. Elle lui demande si tout va bien, s’il n’y à pas de mal. Il lui répond que non. Elle lui souhaite alors une bonne soirée et reprend son chemin.

Plusieurs coins de rues plus tard, elle entend dans son dos des pas qui sont calés sur les siens, elle ne se retourne pas, elle sait que c’est lui, elle ralentit son rythme ;
Lui, garde le même pour arriver juste derrière elle, elle reprend alors son allure.

Pendant de nombreuses minutes, ils marchent ainsi tout deux, l’un derrière l’autre, une distance toujours égale les sépare. En fonction des éclairages, leurs ombres se touchent, se superposent pour n’en former qu’une comme deux corps enlacés et s’éloignent. Elle savoure cet instant surprenant et mystérieux. Elle éprouve de la peur, de l’angoisse mais elle est en même temps attirée et entraînée comme dans un jeu.

Elle appréhende le moment ou peut-être il prendra une autre direction, ou peut-être il osera… Mais quoi ?

Il lui chuchote que sous aucun prétexte elle doit se retourner, qu’elle doit pour le moment continuer à marcher sans non plus dire un mot. Il lui avoue que lorsqu’ils se sont croisés, il n’a pu détacher son regard de sa silhouette, son visage, son sourire et qu’effectivement il a faillit chuter. Il a de suite été attiré par elle. Que c’est la première fois qu’il ose suivre une inconnue et l’aborder.

Il lui dit se prénommer Tom, avoir 35 ans, habiter dans le quartier, qu’il vient de se mettre en retard et qu’il doit donc la quitter, qu’il voudrait la revoir et lui propose un rendez-vous le lendemain au même endroit, à la même heure, qu’il l’attendra, qu’elle vienne…

Il rebrousse chemin, elle se retourne ne voit que son dos, il est grand, démarche assurée, Homme. Elle voudrait… mais les mots se perdent dans sa gorge. Elle est crispée, elle est perdue. Ses chuchotements elle les a écoutés ;
Ils l’ont bercée, lui ont ôté toute volonté. Comment, a t’elle pu obéir, est-ce possible ? Une autre femme qu’elle lui aurait-elle fait face ?

Ses pas la dirigent directement chez elle, elle est troublée, elle se retourne souvent, croit entendre son souffle dans son dos. Les mots de cet homme repassent sans cesse dans sa tête comme s’il était encore présent.

Cette nuit là, elle ne dormira pas ou très peu.

Le lendemain toute la journée elle a pris la décision de ne pas se rendre à ce rendez-vous, mais l’heure approche et sa résolution faiblie, elle est définitivement séduite. Il est déjà là, elle l’aperçoit, elle avance vers lui, il à l’air de sourire mais elle ne distingue pas réellement ses traits, il se retourne lui faisant signe de la main de continuer à marcher vers lui. Arrivée un peu avant sa hauteur, il lui demande de le dépasser, de ne pas essayer de le regarder, elle le dépasse, s’arrête. Ils restent ainsi quelques secondes immobiles.

Il ne dit rien, les minutes passent, elle fait le mouvement de se retourner, il lui donne ordre de ne rien en faire sinon il s’en ira. Elle rit, elle est nerveuse, elle se rattache à la lanière de son sac, elle voudrait savoir qui est cet homme, comprendre. Des gens passent, les regardent, elle se rend compte du ridicule de la situation, elle en fait la remarque, en rit pense que cela va la détendre. Il lui demande alors de marcher qu’il s’adaptera de nouveau à son pas.

Elle reprend un peu d’assurance. Elle lui demande alors qui il est ;
Ce qu’il veut, pourquoi il ne veut pas être vu, si cela lui arrive souvent… Il ne répond pas à ses interrogations. Il lui dit qu’elle n’a rien à craindre, qu’il ne vit que pour jouir de tous les plaisirs et entre tous, de La Femme qu’il respecte, qu’il est beau, qu’il a été énormément attiré hier par elle, que le fait qu’il lui interdise de le voir suscite en lui une grande excitation, qu’il faut qu’elle ait confiance et qu’elle trouve rapidement une solution pour qu’il puisse la contempler à la lumière.

Elle ne pense qu’à cette dernière phrase. Elle réfléchit, cherche, aperçoit un bar plus loin, propose d’entrer de s’asseoir dans le coin le plus éclairé. Il accepte, s’y dirigent. Arrivés devant, elle aperçoit un grand miroir dans la salle. En un éclair germe dans sa tête l’idée de son reflet dans ce miroir, elle désire plus que tout qu’il la voit. Elle entre la première, s’installe à une table faisant face au miroir, elle baisse les yeux pour lui laisser le temps de choisir une autre table qui lui permettra de l’observer sans craindre que son reflet à lui soit capturé et qu’elle l’aperçoive.

Elle boit son café, à petites gorgées en fixant ce miroir des yeux. Elle sait qu’il est en train de la regarder, la dévisager. Elle voudrait savoir ce qu’il pense à cet instant. Elle est gênée, tendue mais elle a satisfait sa requête et espère qu’en retour il se montrera enfin.

Il vient de se passer 20 minutes et comme ils en ont convenu, elle se lève pour le rejoindre dehors. Elle marche de
Nouveau vers lui, il lui fait dos, elle comprend alors qu’il ne se laissera pas plus voir. Sans qu’il ait besoin de parler, elle le dépasse, s’arrête. Il glisse dans la poche de son manteau une enveloppe et lui demande de l’ouvrir une fois qu’elle sera chez elle. Ensuite, il lui chochotte un prochain rendez-vous. Elle ne se retourne même pas et avance tout droit perdue dans ses pensées, ses doigts crispés sur cette enveloppe.

De retour chez elle, elle pose l’enveloppe sur sa table, se déshabille, prend une douche, reprend l’enveloppe, la pose sur son lit, elle la fixe, elle à peur de la décacheter, que contient t’elle ? Elle s’allonge dans son lit, la prend, la retourne dans tous les sens, l’examine, essaie de voir à travers, elle voudrait tellement savoir d’avance ce qu’elle contient, elle à peur de trouver… mais quoi ? Elle se décide enfin, l’ouvre, glisse ses doigts à l’intérieur, sent une feuille de papier glacé, ça pourrait être une photo, elle l’a sort, la pose sur sa poitrine et respire profondément en fermant les yeux comme si elle priait. Elle ne se résigne pas à la regarder, elle est angoissée par ce qu’elle va découvrir. Peut être lui ? Il se peut qu’elle soit déçue. Elle a maintenant trop envie de savoir, elle est trop excitée à l’idée de le voir.

Une photo de son visage, prise de profil, mauvaise lumière, il est brun, des lunettes de soleil. Elle plisse les yeux, examine plus attentivement ce qu’elle peut déchiffrer de cet homme. Il a un air sérieux, à la commissure de ses lèvres il lui semble deviner une sorte de sourire ironique, rusé mais tellement captivant. Il est beau, elle le veut même si elle se doute que cet homme connaît son charme, son pouvoir sur les femmes, qu’il en use, qu’il en joue et qu’elle est sa victime.

Pendant les 4 jours qui les séparent de leur 3ème rencontre, Annie ne pense qu’à son inconnu, elle est impatiente et craintive, elle a l’esprit obnubilé par cet homme. Elle se rend compte qu’elle est prête à tout pour le revoir, le satisfaire, elle est totalement envoûtée.

Ses nuits ont changé, elle ne trouve plus le sommeil, elle le voit debout devant elle, nu, beau, Homme. Elle ressent des frissons inhabituels, elle a chaud puis froid. Elle l’imagine allongé à côté d’elle, posant ses lèvres sur les siennes, caressant son corps. Elle voit leurs 2 corps enlacés. Elle le veut. Elle a si mal. Elle s’endort, se réveille, il fait jour, se lever, aller travailler, elle voudrait tant rester dans son lit et continuer ses rêves.

Mercredi, c’est aujourd’hui. Elle a demandé son après midi, il faut qu’elle soit la plus belle. Elle va se préparer pour lui, pour le capturer. Elle court chez le coiffeur, shampoing, brushing. Chez elle prend un bain parfumé, se vêt de sa lingerie la plus sexy, du tailleur qui rendra ses formes désirables. Elle ne met pas volontairement de chemisier, elle veut qu’il soit captivé par son décolleté. Elle est provocante, tellement troublante.

Elle prend un taxi, il est 1 heure du matin, la rue est déserte,
Il fait froid, humide, elle n’est pas rassurée, elle est rarement sortie aussi tardivement et seule. Il n’est pas là, elle doute du jour, de l’heure. Ne s’est-elle pas trompée, a t’elle bien compris. Oh par pitié qu’il vienne !

Elle entend ses pas, elle voudrait se retourner pour vérifier si c’est lui mais préfère attendre qu’il lui propose plutôt que de prendre le risque qu’il parte. Il est juste derrière elle, elle sent un souffle sur sa nuque, il fume, elle est figée, il lui parle de sa voie si douce qui la détend suffisamment pour qu’elle résiste à son envie de s’enfuir.

Accepterait-elle d’aller chez lui ?
Accepterait-elle d’avoir les yeux bandés pendant qu’il la guiderait ?
Accepterait-elle de ne peut être pas le voir du tout ?

Elle tremble, ne sait quoi répondre, elle est effrayée, elle est prête à refuser mais comprend que dans ce cas il s’en irait sans lui laisser l’espoir d’un autre rendez-vous. Elle ne peut se résoudre à le perdre, elle veut être avec lui, savoir qui il est, vivre avec lui ce qu’elle a tant rêvé, chéri ses dernières nuits. Elle acquiesce dans un murmure. Il exige un oui déterminé, franc. Oh quelle torture ! Elle hurle : OUI.

Il lui noue une écharpe autour des yeux, l’enserre dans ses bras, lui dit des mots apaisants, la guide jusque chez lui. Elle se sent bien dans ses bras tout contre son corps, elle est bercée par ses paroles, elle lui donne toute sa confiance, elle se laisse mener et voudrait que ce moment dure à jamais. Elle est en son pouvoir.
Des clefs qui teintent, ils sont arrivés ? Il s’arrête, ouvre la porte, la reprend dans ses bras, ils montent 4, 5, 6 étages, elle ne sait pas, les clefs teintent de nouveau, une porte d’appartement, un petit couloir, un canapé, il l’y assoit, elle ne bouge pas, ne dit rien, écoute.

Il s’installe à côté d’elle, muet. Elle sait qu’il la regarde, la dévisage. Elle est horriblement gênée, tire sur sa jupe, elle aimerait tant être chez elle, à l’abri. Se sauver ? Elle en est incapable. Non il faut qu’elle sache ce qui la tient à rester. Elle prie.

Elle voudrait savoir en ce moment ce qu’il regarde d’elle, ce qu’il pense, quelles sont ses intentions. Cet instant dure, elle à l’impression, un temps interminable sans que ni l’un ni l’autre ne se parlent. Il se lève, lui demande si elle à soif, elle veut bien un verre d’eau, il revient, lui prend les mains et y dépose le verre. Il à l’air d’avoir décidé, quoi elle ne sait pas.

Il ne dit toujours rien, Annie sent ses forces revenir peu à peu, elle reprend courage. Pour rompre ce silence si lourd, elle ouvre la bouche, se prépare à dire… mais immédiatement il lui pose un doigt sur les lèvres en l’intimant de se taire. Son doigt s’y attarde, en dessine le contour et continu son chemin sur tout son visage. Elle se laisse aller à cette caresse, elle s’abandonne à cette main.

Il s’est rapproché d’elle, elle sent de nouveau son souffle, il est tout proche. Du bout des lèvres, il lui donne de doux baisers sur tout son visage. Elle est bien, si bien,
Elle se laisse faire, incapable d’un geste. Elle ne veut pas briser cet instant magique.

Il caresse sa nuque, sa bouche aussi y descend lentement. Il baise son cou tout en douceur. Il est tout contre elle, elle sent sa respiration, il l’allonge tout en continuant à l’embrasser, lui murmure qu’il a envie de son corps, qu’il ne fera rien qu’elle pourrait refuser, qu’elle peut à tout moment décider de partir. Elle ne peut pas répondre, trop tard, elle est sous son emprise.

Il déboutonne la veste de son tailleur, en écarte les revers, regarde sa poitrine, embrasse ses épaules, le haut de ses seins, son ventre, remonte à sa bouche pour lui donner un vrai baiser mais furtif. Il ne cesse de la caresser, de l’embrasser. Dégrafe son soutien gorge, lèche le bout de ses seins, les mordille légèrement puis avidement.

Annie n’a jamais éprouvé ce qu’elle ressent en ce moment, son souffle devient plus court, elle n’a plus aucune volonté, elle se laisse aller à cette douceur, cette tendresse, cette passion. Elle sait qu’elle est en train de vivre un instant précieux, inoubliable, insolite qu’il va lui faire découvrir l’amour et que sa vie ne sera plus la même après.

Il lui demande de se déshabiller, ce qu’elle fait, lui aussi, il la reprend dans ses bras et la guide dans sa chambre, l’allonge sur son lit. Longuement il la regarde, allongée, nue. Annie ne peut plus tenir, elle se redresse, elle a trop besoin du contact de leurs deux peaux. Il lui dit tout bas qu’elle ne doit pas le toucher ni prendre aucune initiative, qu’il veut amener le plaisir en elle, la sentir se libérer, devenir folle d’envie. Il s’allonge à côté d’elle reprend ses baisers, ses caresses qui tout en gardant leur douceur deviennent déterminées, savantes, expertes à émouvoir ses sens. Il est attentif à sa respiration, à ses soupirs. Ses mains descendent jusque vers son intimité si longtemps endormie. Il y pénètre de ses doigts, de sa bouche, de sa langue.

Il remonte, lui donne des baisers passionnés, violeurs, violents. Il frotte son sexe contre le sien, elle le sent, grandir, durcir. Elle désire le voir, le toucher, le caresser, l’embrasser, le goutter, le savourer, le déguster, elle veut sentir la sève affluer. Cet acte ne la dégoutte plus, au contraire, il la transporte. Elle veut partager avec cet homme tout le plaisir qu’il vient de réveiller.

Il lui demande ce qu’elle voudrait maintenant, elle n’a qu’une idée qu’il la pénètre enfin. Elle veut le sentir en elle. Il la prend, doucement puis fortement.

Leurs corps sont emboîtés, leurs bassins roulent à la même cadence, leurs soupirs se confondent. Ils ont le même but, arriver jusqu’aux cris, cris de plaisir, de jouissance.

C’est la première fois qu’Annie prend autant de plaisir avec un homme, la première fois qu’elle n’attend pas avec impatience qu’il en ait terminé, la première fois qu’un homme est attentif à ce que réclame son corps.

Annie sent irrémédiablement la chaleur monter en elle. Elle sait qu’elle va enfin pouvoir donner un sens au mot jouissance.
Annie est rentrée chez elle depuis quelques minutes, elle est déjà au fond de son lit, elle est exténuée mais ne peut dormir.

Elle revit les quelques heures passées avec cet homme, son amant d’une nuit ou plus…Il n’a pas accepté de se montrer même après que leurs corps aient été satisfaits. Peut être ressemblait-il à sa photo, peut être non, qu’elle importance…

Grâce à lui…

Elle se connaît aujourd’hui.
Elle connaît l’amour.
Elle n’a plus peur des hommes.
Elle saura maintenant choisir ses amants, les aimer et se faire aimer d’eux.

Annie vient de renaître.
 
 
 
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l'auteur? Jocelyne
 
jocelyne_p@infonie.fr