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CONCERTO EN SOUS BOIS Tout près d'un vieux sentier ombragé par des chênes, Un filet d'eau joyeux se fraye un chemin. Il s'en va gambadant dans les charmes et les frênes, Au grès des gros cailloux maîtres de son destin. Sur ses bords sont épars les restes d'une guerre, Livrée semblerait-il par de joyeux gamins. Des bouts de bois bateaux et des mousses chaumières, Entourés de fougères aux innombrables mains. Un pinson amateur de croûtes et de miettes, Recherche en sautillant les rebuts de festin, Que les mômes en courant tombèrent entre les pierres, Poursuivant l'ennemi de leur rire mesquin. Descendu des hauteurs d'un vieux pin centenaire, Un écureuil craintif se glisse près du bord. Pour s'abreuver il prend de comiques manières, Avec délicatesse il étire son corps. Venu de la rosée délicate et légère, Des champignons dodus comme des mandarins, Leurs chapeaux de travers regardent la clairière, Qu'embaume l'églantine à la fleur de satin. Les feuillages tremblants sous la brise friponne, Font des ombres chinoises sur le parterre en fleur. Le bouton d'or rêveur que l'abeille affectionne, Ecarte ses pétales pour lui offrir son cœur. L'âme de la forêt se met soudain à vivre, Un chant mystérieux fait de mille refrains, S'échappant des fourrés des violons, et des cuivres, Font vibrer langoureux un concerto divin. Une larme cristal sur la joue rougissante, D'une enfant amoureuse de cet instant de joie, Tombe avec la rosée sur la fleur languissante, Que câline elle porte à ses lèvres de soie. ::: l'auteur ? Lucola |