Le pont
 

J'avais devant les yeux un abîme
Qui n'avait ni rivage, ni cime.
Rien n'y remuait.
Je me sentais perdue dans l'infini muet.
A travers l'ombre, impénétrable voile
Je t'aperçus comme une lointaine étoile.
Je m'écriai :" il faudrait
Pour traverser ce gouffre où nul fond n'apparaît
Et pour qu'en cette nuit jusqu'à toi je marche
Bâtir un pont sur des millions d'arches".
Mais qui le pouvait ? Personne! Quel effroi !
Mais, tu te dressas devant moi.
Pendant que je jetais sur l'ombre un œil d'alarme.
Tu avais la forme d'une larme.
Un visage si doux qui dégageait tant de chaleur
Tant d'humanité et un immense cœur
Tes mains en se joignant faisaient de la lumière.
Tu me montras l'abîme où va toute poussière
Si profond que jamais l'écho n'y répond
Tu me dis "Si tu veux, je bâtirai un pont"
Vers toi, je levai mes yeux
Et, depuis ce jour, nous vivons un amour heureux

 
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l'auteur? Marielle...