| Il temps qui passe j'aimerais dérober, Voleuse d'espérance, ou bien d'attente, Une seconde, une seule dans l'infinité De celles qui passent, intransigeantes, Nous rapprochant sans autre alternative De la défaite, de l'heure décisive Où la mort effacera de notre mémoire Le dernier souffle d'espoir. Et cette seconde que j'aurais dérobée, Je la garderais, pour l'instant fragile, Comme posé au bord de l'éternité, Où tout bascule, sans autre possible, Le temps d'un adieu ou d'un je t'aime Qui engage sans retour sur soi-même, Nous précipitant vers l'espoir Ou nous noyant dans le désespoir. Seconde volée, jalousement préservée, Alliée précieuse pour le jour inévitable D'une décision espérée ou redoutée. Seconde emprisonnée, impalpable, Telle un rêve d'éternité, interdit, Aux frontières du réel, au seuil de l'absence, Quand on croit que tout est fini Et qu'on voudrait que tout commence. ::: l'auteur? Jacqlyn jacqlynjura@aol.com |