| Le soleil joue, au ciel d'hiver, avec les ombres vagues de fumées diaphanes, qui montent des maisons endormies sous la neige. C'était il y a longtemps, hier, demain, va savoir... le temps est voyageur, au pays des eaux vives... Je ne sais plus qui m'a raconté cette histoire, que je vous rends à ma façon, et que j'aime beaucoup... C'était un homme fier, fort, juste, un homme droit, qui était tombé amoureux d'une femme de la ville voisine. A bout de réflexion, il s'en alla un jour jusque devant sa porte. Et il frappa. Des pas, dans le couloir, puis, derrière la porte: une voix, la sienne, celle de la femme qu'il aimait, et qui demandait: "qui est-ce?". Et l'homme répondit : "cest moi!"... il entendit les pas s'éloigner. Parce qu'il était un homme fier, fort, juste et droit, il partit en forêt. Un an. Puis il revint à la porte de celle qu'il aimait. Et frappa. Des pas, dans le couloir, puis, derrière la porte: une voix, la sienne, celle de la femme qu'il aimait, et qui demandait : "qui est-ce?". Et l'homme répondit : "c'est moi, tu le sais bien!"... il entendit les pas s'éloigner. Parce qu'il était très fier, très fort, très juste et très droit, il retourna dans la forêt. Un an. Puis revint à la porte de celle qu'il aimait, et frappa de nouveau. Des pas, dans le couloir, puis, derrière la porte: une voix, la sienne, celle de la femme qu'il aimait, qui l'avait attendu parcequ'elle savait qu'il était un homme fier, un homme fort, et juste, et droit. "Qui est-ce?" fit la voix. Et l'homme répondit: "c'est toi!". Alors, la porte s'ouvrit, puis se referma. Sur un homme. Le reste ne vous regarde pas, vilains! Le nombre est trois! Trois est le Nombre, Je dis un plus, j'ajoute un moins, Le Nombre est Trois, mais Trois est Un! ::: l'auteur? Patrick Germain, journaliste. Il s'est inspiré, pour cette histoire, d'un conte arabe. patrickgermain@hotmail.com |