| |
LE CHANT DE LA COLOMBE : SOUVENIR. L'hiver a pris naissance au cœur de mes plaisirs L'onde fraîche n'est plus. Le carillon, cloche d'ennui, se meurt avec la dernière feuille vermeille. S'en vient mon cœur aux croisées des chemins L'heure est venue Et les amours s'en sont allées. Pourtant, hier encore T'en souvient-il ? L'avoine était blonde à nos yeux, douce, si douce, et la nuit violine couvrait d'ombre nos cheveux. L'opale de tes cils caresse le velours nacré du lac Le soir a pris possession de ta peau, mais pas l'oubli, Jamais l'oubli. Même en la nuit de mon regard. Je m'en vais te rejoindre bientôt La senteur perdue des jasmins me le dit Flotte dans l'air comme un parfum d'adieu, une musique nostalgique Bonjour la nuit ! Je ne puis respirer ailleurs qu'au ciel de ton sourire Les cheminées fument pour rien L'hiver a posé ses frimas bien au-delà des mots et rien ne me réchauffera les mains. Pourtant, pourtant, Rappelle-toi, rappelle-toi, J'aimais tant la chaleur de tes doigts ! J'ai perdu la mémoire des choses, et l'écorce du temps se pose sur mon front. Les nuages ont tout obscurci. J'ai tout oublié. Reste en mon cœur une image de feu Tes yeux Tes yeux dans ma nuit de silence Tes yeux dont la flamme m'attire. Tout se confond Le ciel la pluie les arbres Les eaux lourdes du lac Où je me perdrai tout à l'heure En un dernier élan vers toi. ::: l'auteur? Thérèse. |