Alan 7.. .  .   .
 
Alan  -  7
l'auteur
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Quelque jours plus tard, je trouve dans ma boîte à lettres une carte postale en provenance du Chili. Elle est signée Werner.

" Bonjour de Valparaiso, amitiés"


Plutôt bref le Capitaine... Il ne me laisse même pas son adresse! Moi qui avais encore pas mal de questions à lui poser... il me faudra bien attendre son retour. Ce sera long, très long. De temps en temps, une carte postale... amitiés des Caraïbes, amitiés de Floride... Les mois passent... quand, soudain, alors que je le croyais disparu à jamais, voilà mon Capitaine qui me fait la surprise de me passer un coup de
fil :


- "Allô, mein Herr ?"


-"Oui! Allô, Werner ?"


-"Ja! Je suis rentré !"


-"Alors, ces vacances ? Pas trop courtes ?"


-"Was ? Kurt ?... Nein! C'est pas Kurt... c'est Werner à l'appareil !"


- "Sacré Werner! Je vous croyais disparu... ça va presque faire un an que je suis sans nouvelles de vous, mon Capitaine..."


-"Ja... je sais bien! Je suis allé voir des Kamarades... ils ne voulaient plus me laisser repartir. J'ai même dû passer les fêtes de Noël et du Nouvel An avec eux."


-"D’où m’appelez-vous ?"


-"Du Périgord, de chez moi, tiens, pardi! Je suis rentré hier. Je vous ai découpé un article dans le Science et Avenir de ce mois. Ca devrait vous intéresser..."


-"Je vous en remercie! Et... ça parle de quoi ?"


-"Je vous laisse la surprise... Allez! A bientôt !"


Pas plus loquace que dans ses cartes postales, lui! Je n'ai même pas eu le temps de lui dire au revoir. Comme promis j'ai bien reçu l'article qu'il m'avait envoyé. Je lis :


Sciences & Avenir : Numéro de Janvier 1995 -
DECOUVERTE DU 110ème ELEMENT

"A la fin du mois de Novembre, après des années de recherche acharnée, l'équipe germano-russe du physicien Peter Armbruster, au laboratoire de Darnstadt en Allemagne, est parvenue à produire et à identifier
plusieurs noyaux de l'élément 110. L'événement est d'autant plus important que, pour nombre de physiciens, la découverte de l'élément 109 en 1983 était censée
marquer la fin du 'remplissage' du tableau de
classification périodique inauguré par le chimiste russe Mendeleïev il y a un peu plus d'un siècle..."


Et si Chambaud... Non, rien, je suis toujours étonné de voir de quelles certitudes bornées peuvent être capables certains chercheurs, ou certains philosophes, en tout cas des sommités oblitérées, certifiées, homologuées par l'Académie, par l'intelligentsia internationale, ou par l'Histoire universelle! Comment peut-on encore croire aux limites définitives d'un quelconque domaine de la connaissance ? Comment peut-on être aussi naïf qu'un certain Mr Lefort, ancien directeur du Ganil de Caen, qui, en 1989, c'est à dire 6 ans plus tôt, n'hésitait pas à écrire dans les colonnes de 'La Recherche' :
"Nous arrivons probablement au bout du chemin et nous assistons aux découvertes des derniers spécimens d'atomes nouveaux (...) , nous pouvons affirmer aujourd'hui que le tableau ne changera plus ou presque..."



Soyons clément... Le "probablement" du début, et le "ou presque" de la fin, laissent encore la porte ouverte à quelques courants d'air... Ouf! Cette prudence le sauvera in extremis aux yeux de la postérité. Admettons... Mr Lefort... Vous êtes acquitté, mais tel le corbeau de la fable, n'y revenez plus... "ou presque !".


Quant à moi, il me faut bien revenir au cahier rouge de Christian Chambaud, alias Alice. Qu’y trouve-t-on au juste, à propos du tableau, de ce fameux tableau de Mendeleïev ? Toutefois, avant de me lancer dans ce labyrinthe, il n'est sûrement pas inutile de relire ce qu’en disait Alan Turing lui-même, dans cette lettre :



 
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3 - LE TABLEAU NOIR
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5 Juillet 1932


Heureusement que tu comprends l’anglais! Le français me paraît beaucoup plus subtil que le violon, et compte-tenu de mes échecs sur cet instrument, j'ai donc commencé d'apprendre l'allemand.
En effet, il est fort probable que je me rende en Allemagne, Ce sera malgré moi, ou alors à cause de mon désir de fuir tous ces types écoeurants du Groupe 3. Ne t'affole pas : mon départ en Allemagne n'est prévu que pour cet hiver. J'ai interrogé Mermagen pour obtenir les renseignements que tu cherchais à propos du tableau de Mendeleïev. Peine perdue : la Physique ne semble pas l'intéresser, et la Chimie, encore moins. Alors courage, patience et à bientôt. Au fait...


Joyeux Anniversaire!

 
Alan


 
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Si Chambaud a jugé nécessaire de surtitrer cette lettre d'Alan, " Le Tableau Noir ", c'est vraisemblablement à cause de l'obscurité du sujet... à moins que cela ne fasse référence à la tâche qu'il s'était fixée... un devoir en somme, où tout restait à faire! Redoutable page blanche, que ce tableau noir ? A propos, comment Chambaud est-il parvenu jusqu'au tableau de Mendeleïev ? Alors c'était donc ça ? L’Equivalence = l’équi-valence ? Attirance réciproque, attraction mystérieuse des chiffres, des colonnes, besoin d'ordonner, de classer, ou bien attrait irrésistible pour les cases restées vides ? Désir de trouver ? Qui sait ?
Alice-Chambaud ne le dit pas, il n'explique jamais... Il cherche... par exemple, lorsqu’il se pose cette étrange question , où il mélange allègrement Sciences physiques et Art militaire... sous le titre énigmatique "Alpha, Bêta, Gamma":

"Il n'existe pas de noyaux stables dont le Nombre de Masse soit égal à 5 ou à 8 - Pourquoi 5, et pourquoi 8 ? A l'inverse, les forteresses de Vauban utilisent souvent le pentagone et l'octogone ... alors, pourquoi 5, et pourquoi 8 ?"


Que peut bien signifier ce galimatias ? Mélange de physique quantique et de technique militaire... Où veut-il en venir ? Pour essayer de comprendre, je consulte un livre sur les fortifications, livre qu'on m'avait offert il y a bien longtemps :
Neuf-Brisach, ouvrage à 8 côtés, terminé en 1708, est l'illustration parfaite du dernier système de fortification de Vauban... Superbe photo aérienne! Analogie, me disait Werner ?... Mais ici, c'est tout le contraire !... A moins que Chambaud ait considéré que la particularité des nombres 5 et 8, soit tantôt, celle de constituer une exception quand il s'agit des noyaux stables, tandis, qu'au contraire, et paradoxalement, il s'agirait d'une règle de base chez Vauban. Paradoxe... Pourtant, ce qu'il y a d'analogue entre ces "noyaux stables" et les "fortifications", c'est bien leur "stabilité" justement... Or, dans ces 2 systèmes (stables, et en cela... analogues) l'importance des nombres 5 et 8, même si elle revêt, pour chacun d'eux, un rôle radicalement opposé, cette action apparaît à Chambaud comme 2 forces fondamentales, de signes différents, certes, mais de même poids. Leurs rôles respectifs sont pour ainsi dire symétriques... et c'est, une fois de plus, là encore, une analogie...
Le cahier rouge, plutôt poétique au début, se fait de plus en plus militaire. A ce propos, qu’en dit notre cher Alan ?



 
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6- L'ART DE LA GUERRE
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26 mai 1933


Je viens de m'inscrire au Conseil anti-guerre, non par attirance quelconque pour le communisme, mais par dégoût de toutes les formes d'hypocrisie, l'indifférence étant certainement la pire. A moins que ce ne soit seulement dans l'intention de faire enrager ma tendre mère...


Le livre de Neumann n'est pas aussi ardu que tu me l'avais dit. Ton intuition semble s'y vérifier. J'ai bien compris ton raisonnement : les techniques militaires ont évolué au cours du temps, tant l'armement que les stratégies dont elles dépendaient. Cette évolution s'est faite par étape pour aboutir, de sophistication en sophistication au dernier carnage de 14-18°! L'analogie que tu étudies, le parallèle que tu établis entre les débats d'idées d'une part, et les conflits armés d'autre part, t'a amené à conclure que - sur le plan - pardon, sur le "terrain" des idées, les cerveaux continuaient de s'affronter aujourd'hui comme au bon vieux temps des guerres napoléoniennes. On choisit le sujet de la discussion, on ne sort pas de ce sujet, comme on ne sort pas du champ de bataille. Et, sur cet enclos, accepté par les 2 adversaires, les raisonnements avancent... bien alignés, ou campent sur leur position. Convaincre c'est vaincre. Pour cela tout est bon. La force du nombre, le nombre d'arguments, les idées que l'on expose, celles que l'on garde en réserve, le lyrisme qui emporte les convictions tel une charge de cavalerie, les vérités ou les énormités que l'on assène comme autant de coups de canon, et dont l'efficacité dépend surtout du moment, mais aussi de la nature des unités qui sont visées, ainsi que de leurs mouvements. Sans la moindre efficacité sur la cavalerie-enthousiasme, l'artillerie-affirmation s'avère plus que redoutable dans les rangs trop serrés de l'infanterie-raisonnement°! Si je te suis bien, l'art de la guerre ne s'étant pas arrêté en 1815, on peut même imaginer, en poursuivant cette analogie, que dans quelque temps notre façon de discuter évoluera elle aussi... L'enthousiasme, telle la cavalerie, sera remplacé par quelque chose de moins vivant, de beaucoup plus lourd, de beaucoup plus épais. A quoi ressemblera cette cavalerie blindée des sentiments ? Au fait, je n'ai rien, mais alors, strictement rien compris à ton exercice de grammaire : un cheval, des chevaux... Alors dis-moi, pourquoi écris-tu : " un seul chevau-léger, sans X, sorti de Polytechnique " ???
A propos de français, je ne comprends pas non plus qu'une langue aussi riche puisse se satisfaire du seul et même mot d’amateur, pour qualifier deux personnages aussi opposés l'un à l'autre que le néophyte et le connaisseur! Alors soit, je veux bien l'admettre... Nous sommes, tous les deux, des "amateurs" de mécanique quantique!


Alan

Avant de partir à la recherche de Neumann sur le CD-ROM, (Qu’a-t-il bien pu écrire de si passionnant pour Turing ?) je reviens à Chambaud. Au fil des pages, son cahier rouge se fait de plus en plus inquiétant ...


"L'évolution des techniques militaires nous a conduit à la fabrication d'une arme absolue, cent fois capable de faire exploser la planète. Cette bombe, plus puissante que toutes les bombes du passé, utilise paradoxalement l'élément le plus "petit" que nous connaissions aujourd'hui, à savoir l'atome. D'où la question qui en découle :
Si autrefois les hommes s'affrontaient à coups d'arbalète-traits-d'esprit, se blessaient en s'envoyant des remarques-flèches, et pouvaient se tuer d'une seule balle-mot, alors, demain, que vont-ils bien pouvoir se faire ? Que vont-ils inventer d'encore plus efficace, d'encore plus diabolique, d'encore plus "petit" ??? Soit, les phrases (assassines) sont constituées de mots (blessants), ces mots sont composés, non pas de lettres! Mais de sons!
- Comment-ça ? Mais, on écrit bien les mots avec des lettres ? Non ?
- Certes, mais on les prononce (et je ne joue pas sur les mots !), avec des sons. Les spécialistes parlent alors (et oui, ils parlent !) de "phonèmes", c'est à dire de la plus "petite" partie, de la partie  
- indivisible - d'un son parlé.


Chambaud se prend soudain pour Archimède, Marie Curie et l'inspecteur Bourrel réunis : "Eurêka! Le phonème! Mais oui! C'est ça! Mais c'est bien sûr! Le phonème! Voilà, l'atome que je cherchais !!!"


"Comment fabrique t-on une bombe à phonèmes ? Autrement dit, comment utiliser l'énergie destructrice contenue dans un tout petit son ? Et puis quel son d'ailleurs ? Lequel ? ou lesquels ? Combien utilise-t-on de sons différents ? a, bé, cé, dé, etc... sans compter toutes les syllabes du genre sa, se, si, so, su, etc... Et les diphtongues, comme ... oie, oui, dieu, - Dieu ? Oui Dieu! Car Dieu, aussi, est une diphtongue !"


Chambaud n'est plus à un sacrilège prêt. Il y a bien trop longtemps qu'il a franchi le Rubicond! Il a vaguement compté une bonne centaine de phonèmes. Avant de les répertorier tous, afin de connaître leur nombre exact, il a dû étudier attentivement le Tableau de Mendeleïev... Ce serait trop beau pour être vrai... Et s'il existait autant de phonèmes que d'éléments répertoriés ? Que cherche t-il ? un son radioactif ? un son nouveau, à découvrir ? Comme tout chercheur passionné, il mêle le doute systématique à la certitude la plus intuitive, avec autant de méthode rigoureuse que d'imagination débridée. Il mériterait de travailler dans un laboratoire. C'est une folie bien sûr, mais combien d'autres folies, tout aussi folles, sont élaborées par d'autres que Chambaud, chaque jour, partout dans le monde... en secret. Et s'il essayait, justement, de contacter ces autres... Comment contacter les Services Secrets ? L'idée le fait frémir, il s'en amuse... Il ne la retient pas, mais ne la rejette pas non plus, enfin... pas complètement. A-t-il, à cet instant, ce qu’il faut bien appeler des scrupules, comme le suggère le titre qu'il a donné à cette lettre d'Alan :

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11 - SCRUPULES
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2 Juin 1936


J'ai pu rencontrer Einstein et Neumann, mais Gödel est déjà retourné en Tchécoslovaquie. J'ai tort de travailler tout seul... Les autres moi-même en profitent... Je vais rencontrer le vieux Churchill, pour en avoir le coeur net. Il n'y a pas de hasard, et peu importe 'celui qui trouve' ... ce qui importe, c'est de trouver!
Tes scrupules à faire part de ta découverte aux services secrets anglais sont tout à ton honneur, d'ailleurs, moi-même j'ai renoncé à leur communiquer mon invention. J'éprouve une sorte de honte à monnayer ce qui pourrait servir un jour à ma Patrie, pendant que toi, tu hésites encore à "trahir" la tienne, pour le simple plaisir d'être compris... Nous sommes tous les deux, admirables! Profite du temps que te procurent cette hésitation, tes scrupules, et tes "états d'âme" pour peaufiner ta découverte... La guerre est encore loin, tu sais, et ce n'est pas demain qu'on se battra à coup d'ondes sonores.



 
Alan


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Jusqu'au jour, où il entendra - à la radio - oui, aux informations! - que les Britanniques poursuivent des recherches sur les armes... sonores! Il n'est pas sourd, il l'a bien entendu, (bien-entendu) ou bien l'a-t-il rêvé ? Non il ne l'a pas rêvé, mais, et c'est le cas de le dire : il n'entendra plus - plus jamais - parler de ces recherches. Alors ? A qui annoncer sa découverte ? Ne risquerait-il pas d'être pris pour un malade mental ? Qui pourrait le comprendre ? Et... si on le comprenait, ne chercherait-on pas aussitôt à l'éliminer, parce que dangereux, pire, nuisible pour l'humanité toute entière ? Il envisage toutes les hypothèses, principalement les pires. Il se dit qu'il lui sera facile de dérouter n’importe quel psychiatre. Il lui suffira de faire balancer le diagnostic entre deux délires qu'il estime contradictoires :


- "Alors ?... Paranoïa ou schizophrénie ? Qu'en pensez-vous... Dites-moi, Professeur ?" - (Il mesure à cet instant le charme profond du terme : "indécidabilité")


Me vient alors à l'esprit, pour ne pas dire au cerveau, cette citation de Paul Bourget: " Pour un fou, le pire des malheurs... c’est de ne pas être fou tout à fait ". Pauvre Chambaud! A qui d'autre que Turing aurait-il pu se fier ? Je me demande d’ailleurs, quels furent ses sentiments à la lecture de la 10ème lettre qu'il reçut d’Angleterre :



 

 
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10 - UN CERVEAU MEDIOCRE
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5 juillet 1935


Les gens ne comprennent rien à mes théories, ils daigneront peut-être m'écouter le jour où ma mécanique fonctionnera, palpable, réelle, concrète... En attendant j'espère que, toi, tu as compris que je ne m'intéresse aux nombres calculables que pour mieux démontrer à ce vieux gourou d’Hilbert, et à tous les pèlerins de Göttingen, qu'il existe aussi des nombres non calculables, mais surtout pour en faire quelque chose de matériel !!!!
Pour quoi faire ? Mais justement pour faire! Et si je me suis "attablé" à cette tâche c'est parce que je sais, moi (ce que tout le monde admet), qu'il existe une limite au nombre d'états d'esprit dont est capable un calculateur humain à un moment donné. L'expérience nous le prouve. Nous autres humains, nous ne pouvons déterminer tout de suite si 9999999999999999 est égal à 999999999999999 ou non! Mais une machine peut le faire instantanément. Je ne parle plus de la mienne à personne, depuis que Champ s'est moqué de moi en me disant que pour l'abriter il faudrait tout le Albert Hall! Il ne parvient pas à concevoir qu'elle puisse être "universelle" et me traite de mégalomane lorsque je lui affirme qu'elle est capable de remplacer toutes les autres. Patience... Quant à Shannon, il pense, comme moi, que la machine pensante n'a rien de sacré, mais il ne veut pas seulement entrer des données dans cette espèce de cerveau, il veut lui donner du culturel! Tu te rends compte ? Du culturel! Il veut même lui faire écouter de la musique! Moi, ce qui m'intéresse, ce n'est pas de mettre au point un cerveau puissant. Je ne cherche rien d'autre qu'un cerveau médiocre, oui, médiocre, dans le genre de celui du Président de l'American Telephone and Telegraph Company. C'est ce que j'ai eu le culot de claironner ce midi, à la cantine des Bells Labs. Ce n'était pas seulement de l'ironie ou de la provocation, non... parce qu'en réalité, ce que je cherche vraiment, et toi tu le sais bien : c'est seulement, une machine capable d’"apprendre". Je ne lui demande rien de plus!



 
Alan


 
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Hilbert, Champ, Shannon ? Drôles d'oiseaux... Jamais entendu parler de ces types-là, moi! Mon cerveau médiocre devrait pourtant bien être capable "d'apprendre" lui aussi, non ? Alors, d'accord... O.K. Alan! Je fonce sur cet autre cerveau médiocre, qu'est mon CD-ROM, j'effectue un petit transfert de connaissances... et je reviens. A plus...
Traduisons....


David Hilbert


David Hilbert, né le 23 Janvier 1862, mort le 14 Février 1943, fut un mathématicien Allemand dont les travaux en Géométrie eurent la plus grande influence dans ce domaine depuis Euclide. Après avoir effectué une étude systématique des axiomes de la géométrie euclidienne, Hilbert proposa un ensemble de 21 axiomes semblables et analysa leur signification.
Hilbert reçu son Doctorat à l’Université de Konisberg et fut membre de cette faculté de 1886 à 1895. A cette date il devint professeur de Mathématiques à l’Université de Göttingen, où il demeura jusqu'à la fin de sa vie. De 1900 à 1914, de nombreux mathématiciens des Etats-Unis, qui plus tard jouèrent un rôle important dans le développement des mathématiques, vinrent à Göttingen pour étudier sous sa férule.
Hilbert apporta sa contribution à plusieurs branches des mathématiques, incluant la théorie des nombres algébriques, l'analyse fonctionnelle, la physique mathématique, et le calcul des variations. Par ailleurs, il énuméra 23 problèmes mathématiques restés sans solution, et qu'il considérait dignes de futures investigations. Depuis l’époque d’Hilbert, presque tous ces problèmes ont été résolus.
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Je ne sais toujours pas qui était Champ, mais j'ai retrouvé Shannon, lui qui voulait mettre de la musique dans la machine de Turing! De la Musique ? Oui, de la musique!


Ce qui donne... en français dans le texte...

 
 
 
 
l'auteur? Daniel Lefèbvre, écrivain, informaticien, grand amateur de pain et de chasse à la bêtise.
 
nietzsche@infonie.fr