| Le matin du sixième jour, Dieu était content de lui. Maintenant qu'était réglé le problème de la reproductions des humains, il pouvait passer à autre chose. Il avait envoyé Adam en mission sur la terre pour faire de la reconnaissance car il avait l'intention de créer les montagnes. Donc, Eve se retrouvait seule, et après ces deux derniers jours merveilleux, elle pensait à son homme. Elle n'arrivait pas à se concentrer sur quoi que ce soit, elle tournait en rond, elle avait l'esprit envahi par l'image d'Adam. Lui, de son côté, était perdu sur cette terre en friche et dépourvue de vie. Eve lui manquait. Il ne pouvait empêcher les larmes de couler sur ses joues. Il était en panne d'énergie, il n'avait plus faim, il ne savait plus où il allait. Dieu était bien ennuyé. Que faire pour ces deux-là? Pourtant, ce n'était pas son habitude d'être dépassé par la situation... Mais il devait bien avouer que là!... Et la séparation durait, durait... Eve était de plus en plus triste et Dieu était malheureux de la voir dans cet état-là. De toute urgence, il fit revenir Adam, ce qui prit tout de même quelques jours car le voyage était long. Quand il arriva, Dieu le convoqua pour connaître les conclusions de son enquête sur la terre. Adam avait trouvé un coin sympa, à l'est de ce qui plus tard allait être la Gaule, puis bien plus tard la France. "Une petite chaîne de montagnes à cet endroit-là sera du plus bel effet" dit-il à son patron. Dieu ne perdit pas de temps et envoya immédiatement sur terre une équipe d'anges maçons pour commencer le boulot. Adam alla retrouver sa dulcinée et les retrouvailles furent fantastiques. Leurs coeurs battaient au même rythme et ce fut un océan de tendresse. Bien sûr, Dieu créa les montagnes ce jour-là. Les premières montagnes furent donc les Vosges car Dieu avait suivi le conseil d'Adam. Mais il faut remarquer une chose, c'est que l'amour n'a pas été créé par Dieu mais par les humains eux-même... Ce qui explique que ce sentiment ne se commande pas et qu'on est bien obligé de se laisser guider par notre coeur... Eve et Adam se couchèrent et ils firent l'amour... Ce fut la sixième nuit... le septième jour Au matin du septième jour, Dieu s'éveilla fort content de lui-même. La création allait bon train. Vers lui montaient les rires cristallins des enfants, les tendres murmures des amants, la douce musique des berceuses que chantaient les anciens aux tout-petits, le bruissement des feuilles, le chant des ruisseaux, le pépiement des moineaux... Les hommes s'aimaient, prospéraient, procréaient dans le bonheur le plus complet, à l'abri des forêts amies, sous un ciel toujours bleu. Mais (car il faut bien qu'il y ait un mais!) , mais plus la matinée avançait, plus Dieu se sentait mal à l'aise. Quelque chose d'indéfinissable le tracassait. Pourtant, admettez-le, à sa place vous auriez été plutôt content de vous, à voir, partout, tout ce bonheur que vous auriez créé. Et bien pas lui! Il cherchait ce qui n'allait pas. Et peu à peu l'évidence se fit jour. L'humanité, SA création, se débrouillait très bien sans lui! L'homme n'avait plus besoin de lui! Et ça, pour Dieu, ce fut intolérable. Il lui fallait garder la maîtrise des événements, n'est ce pas? Et, dans un moment de rage folle, Dieu envoya pêle-mêle, et tout d'un bloc, la tristesse, l'envie, le chagrin, la séparation, la maladie, la honte, et pour faire bonne mesure il ajouta quelques calamités naturelles. Epuisé par cet effort considérable, détruire on le sait étant plus épuisant que construire, Dieu perdit conscience quelques heures... Quand il se réveilla, le ciel était gris. De la terre lui parvenaient des sons qu'il ne connaissait pas, mêlés à ceux de bonheur qu'il avait entendus ce même matin. Et ce que Dieu vit alors en se penchant le remplit d'effroi et de honte. Oui, Dieu devint rouge de honte, de la pointe des oreilles, qu'il avait fort grandes (il faut bien pour tout entendre) à l'extrêmité des orteils, dont en dieu coquet il prenait grand soin. Imaginez ! Il venait de créer, hélas au beau milieu de la journée, le premier coucher de soleil! Trop tard! Ce qui est fait est fait, se dit Dieu qui avait pour principe (et oui, même Dieu a des principes !) de ne jamais revenir sur ce qu'il avait fait ou décidé. Or Dieu n'est pas insensible, loin de là. Alors devant ce désastre, il envoya cette fois le pardon et l'oubli, l'amitié et la compassion, la réconciliation et les retrouvailles, les plantes qui soignent et les rêves qui font oublier, enfin, toute la panoplie de la contre-attaque, en quelque sorte. Mais Dieu savait bien que le pire était fait et qu'il avait envoyé ce matin-là, dans son moment d'égarement, les germes des guerres à venir, des meurtres gratuits et des crimes passionnels, des passions dévastatrices, de la misère, des famines… Oui Dieu avait enfin cré l'homme à son image! le huitième jour En se levant de fort mauvaise humeur ce matin du huitième jour, Dieu décida de s'accorder une pause . Mon vieux, se dit-il, il vaudrait mieux ne rien faire aujourd'hui, après ton comportement lamentable d'hier! Donc Dieu décida pour ce huitième jour de déléguer ses pouvoirs à Jaco Van dormael, Daniel Auteuil , Pascal Duquenne et ses copains . Et on sait ce qu'ils en firent: un chef d'oeuvre! les auteurs? Phil, animateur sur Infonie du forum "En vers et contre tout", et Jacqlyn... assidue de ce même forum. |